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Arrivée du scarabée japonais en France : doit-on s’inquiéter ?

Crédits : McKinneMike/iSotck

Le scarabée japonais s’attaque à beaucoup de végétaux, dont de nombreuses plantes alimentaires, ce qui est très inquiétant. Aperçu dans les pays limitrophes, son arrivée en France semble désormais inéluctable. La seule solution face à son apparition dans nos contrées est son éradication rapide dès sa détection. 

Le scarabée japonais : un insecte ravageur venu d’Asie

Originaire d’Asie, le scarabée japonais (Popillia japonica) fait partie de la famille des Scarabaeidae. Ce coléoptère, également surnommé hanneton japonais, ressemble à un hanneton horticole.

L’une des particularités du scarabée japonais est directement présente sur son abdomen. Il possède en effet de petites stries blanches de part et d’autre de son corps. Il possède en outre cinq touffes de soie blanche de chaque côté de l’abdomen, ainsi que deux touffes de soie blanche sur le dernier segment abdominal. La tête de couleur verte et le corps tirant sur le brun comportent quant à eux des reflets métalliques irisés.

Son abdomen est long de 8 à 12 mm et large de 7 à 5 mm. Il est possible de différencier les mâles des femelles. Ces dernières sont en effet pourvues de tibias aplatis aux extrémités, les rendant ainsi plus grandes que les mâles aux tibias arrondis.

La reproduction des scarabées japonais a lieu à la fin du printemps, en mai et juin. Les femelles peuvent pondre jusqu’à une soixantaine d’œufs.

Pourquoi le scarabée japonais est-il plus que jamais redouté ?

Ce petit coléoptère est vivement redouté, car il a la fâcheuse tendance à s’attaquer à de nombreuses espèces de végétaux. Plus de 400 types de plantes seraient concernés par les ravages causés par le scarabée japonais. Le problème ? Tout y passe : les feuilles, les fleurs, les fruits… Au jardin, les arbres fruitiers sont en péril : le cerisier, le framboisier, le pommier, le pêcher, le prunier, l’abricotier et le mûrier sauvage. La production fruitière, en partie fragilisée par les aléas climatiques, se trouverait donc à nouveau sous pression.
La menace pèse aussi sur le maïs, le soja, les haricots, les asperges et les vignes sont également en danger. Comme si cela ne suffisait pas, il s’attaque également aux essences forestières telles que l’érable ou le peuplier, et la liste s’allonge encore avec les plantes ornementales, comme les rosiers.

L’Agence nationale de sécurité sanitaire (Anses) alerte sur la menace qui pèse sur “des centaines d’espèces de végétaux : l’adulte se nourrit préférentiellement de feuilles tandis que les larves s’alimentent des racines”.

Pour ne rien arranger, cet insecte se déplace rapidement, à tel point qu’il pourrait menacer l’ensemble du système agricole en fonction des zones envahies. Son expansion rapide au sein du territoire pourrait être accentuée par deux facteurs : il se sert des moyens de transport humains et effectue des vols de prospection pouvant atteindre 3 km à 24 km par an.

scarabée japonais
Crédits : elinedesignservices/iStock

Le scarabée japonais, bientôt présent France ?

En Europe, le coléoptère japonais a été découvert pour la première fois au niveau des Açores dans les années 1970. Depuis, il a été repéré en Italie en 2014, ainsi qu’en Suisse en 2017. Selon l’Anses, la probabilité que le scarabée japonais pénètre sur le sol français prochainement est désormais très élevée. La dynamique des activités humaines renforce simplement un processus d’expansion déjà en cours.

Pour l’Anses, il est donc impossible d’empêcher l’entrée de ce scarabée en France. Une coordinatrice scientifique à l’Anses prévient : “C’est un insecte qui se déplace facilement, les conditions de température et de précipitation lui sont favorables et comme il peut consommer de nombreuses espèces de plantes présentes sur le territoire français, il n’aura pas de difficulté à trouver des sources de nourriture”. A l’instar du scarabée japonais, la courtilière fait partie des insectes dévoreurs qui perturbent la production agricole.

scarabée japonais
Crédits : Jen Tepp/iStock

Est-il possible d’éviter l’invasion généralisée du scarabée japonais ?

Dès la détection de l’insecte et pour prévenir une propagation trop rapide, l’Anses préconise d’intervenir au niveau national avec la mise en place pièges. Les leurres basés sur la combinaison de phéromones sexuelles et florales, sont particulièrement efficaces. Ils sont à disposer de préférence à proximité des points d’entrée du territoire (ports, aéroports, routes). Il est important de sensibiliser également les professionnels des secteurs concernés.

D’autres solutions sont également à envisager à différents stades de développement de l’insecte : l’irrigation en période de ponte pour noyer les œufs ou le labour des terres à l’automne pour limiter les larves amatrices de racines.

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