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Guide : cultiver des tomates biologiques tout en évitant les maladies

Crédits : mythja/iStock

Les Français consomment près de 14 kg de tomate par an et par foyer. Si vous faites partie des 95,3 % de personnes qui achètent des tomates fraîches, vous vous êtes peut-être déjà demandé comment produire de bonnes tomates directement dans votre potager ? Voici le manuel pratique de la culture de la tomate biologique.

La tomate, une passion française

Originaire d’Amérique du Sud, la tomate est arrivée en France au XVIe siècle. À l’origine, elle faisait office de plante d’ornement dans les jardins. De nos jours, l’Italie est le premier pays producteur de tomates européen, tandis que la France se hisse au 5e rang avec près de 625 000 tonnes produites par an. Chaque année en France, la consommation de tomates s’élève à 14 kg par ménage. Les variétés les plus appréciées sont les tomates rondes, à savoir la marmande, la cœur de bœuf, la cocktail et la tomate cerise.

Si la culture naturelle des tomates est assez simple, elle nécessite toutefois du savoir-faire. Les semis, la plantation, la fertilisation, l’entretien, le traitement, la récolte et la récupération des graines pour l’année suivante sont en effet autant d’étapes clefs dans la réussite de vos cultures.

panier de tomates jaunes et rouges
Crédits : Tilo/iStock

La longue étape du semis

La semaison des graines de tomate s’effectue sous abris dès fin février ou fin mars suivant la région. Semer des graines de tomate est un jeu d’enfant : il suffit d’une température constante de minimum 18°C pour le bon levage des graines qui a lieu au bout de cinq jours. Comptez environ deux mois entre le semage et la période de mise en pleine terre du plant.

Évitez les graines de tomates hybrides F1 au profit de variétés dites anciennes ou paysannes, plus respectueuses de la biodiversité et plus concentrées en nutriments. Il s’agit non seulement d’un geste citoyen, mais également d’un moyen de lutter contre une reproductibilité faible (donc un cycle d’achat de graines plus fréquent) et un appauvrissement des variétés.

La plantation en pleine terre

On a coutume de dire que quand les Saints de glace sont passés, les plants issus des semis peuvent être mis en terre sur le territoire métropolitain, car tout danger de gel est alors écarté. Une fois cette période derrière vous et dès que la hauteur des plants de tomates a atteint environ 15 cm, vous pouvez donc les installer directement en pleine terre en pensant à placer quelques feuilles d’ortie au fond du trou, car elles limiteront la prolifération de maladies cryptogamiques. Respectez par ailleurs une distance entre les plants de tomates de 50 cm environ et un espacement de 70 à 80 cm entre les rangées. Placez immédiatement les tuteurs.

vaporisation fleur tomate
Crédits : Olesia Bekh/iStock

Comment éviter les maladies de la tomate biologique

Les taches brunes, noires ou jaunes sur le fruit ou le feuillage doivent vous alerter. Le mildiou, l’oïdium, l’alternariose, la chlorose ou encore le botrytis sont autant de maladies ravageuses qui menacent vos tomates. Heureusement, il existe des pratiques de culture préventives et des traitements naturels pour limiter les dégâts parasitaires :

  • Espacez les plants de 50 cm au moment de la plantation.
  • Mettez des feuilles d’ortie au fond du trou.
  • Paillez le pied.
  • Arrosez le matin ou le soir.
  • Évitez toujours de mouiller les feuilles pendant l’arrosage.
  • Vaporisez les feuilles à l’aide d’un soin préventif antiparasite à base de purin d’ortie.
  • Toutes les deux semaines, arrosez la base de vos plants avec un engrais biologique pour vivifier les tomates. Par exemple, vous pouvez utiliser ce fertilisant naturel à base de purin de tomate.
  • Ôtez les feuilles ou les fruits détériorés au fur et à mesure.

Au potager, quel légume ami associer avec la tomate ?

Comme tous les végétaux du jardin, la tomate a des variétés de légumes amies et ennemies. S’il est difficile de tous les retenir, la nature est toutefois bien faite. Imaginez ainsi votre prochaine salade de tomates fraîches accompagnée d’un peu de basilic, de concombre… Voici déjà deux légumes amis qui font une belle association de plantes au jardin pour la tomate !

La technique du compagnonnage pour la tomate compte aussi ses adeptes au rayon fleurs. Si l’œillet et la rose d’Inde, de même que le souci et le cosmos sont bien sûr décoratifs, leur principal atout réside dans leur faculté répulsive envers les nématodes, les altises et les pucerons. La liste des végétaux constituant une bonne association de la tomate ne s’arrête pas là. On y retrouve aussi la menthe, la sauge, le chou, l’ail, le poireau, la ciboulette, la laitue, la carotte, l’asperge, l’épinard, la tétragone (épinard d’été), ou encore le radis.

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Crédits : Lucile/Jardiner Facile

Récupération des graines de tomate biologique

Munissez-vous d’une tomate biologique et coupez-la en deux à l’aide d’un couteau. Retirez au maximum la pulpe de tomate en frottant légèrement les graines. Placez les graines sur un torchon et laissez-les sécher cinq à sept jours à l’air libre. Et voilà, les graines sont prêtes pour la prochaine saison !