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Les plantes communiquent-elles entre elles ?

Crédits : JokoHarismoyo / iStock

Les plantes communiquent-elles entre elles ? En voilà une bonne question ! Des chercheurs se sont penchés sur la question pour lever le voile sur le mystère que règne sur le monde végétal. Alors, pas plus de suspens : oui, les végétaux communiquent entre eux. Ils auraient même une sensibilité à leur entourage. Voici ce que l’on sait sur la communication des plantes.

Un langage silencieux chez les plantes

La communication entre les plantes n’est pas celle que l’on imagine entre les humains. C’est une communication qui passe par des signaux silencieux. L’un des signaux est électrique et très lent. Le flux électrique voyage au sein des organes de la plante et si deux plantes se touchent (au niveau des racines par exemple), elles peuvent communiquer sur leur ressenti. L’autre est une communication par messages chimiques volatiles. Ce sont des messages qui passent par l’air, un peu comme un pigeon voyageur. Cette technique permet à deux végétaux de communiquer même s’ils se trouvent à plusieurs mètres de distance. Dans les deux cas, on appelle ça une communication lente, car il faut plusieurs heures.

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Crédits : czekma13 / iStock

La communication en cas de danger

Les plantes peuvent se passer le message en cas de danger. C’est le cas d’un acacia en Afrique du Sud qui peut alerter ses congénères. En effet, si les feuilles sont attaquées, elles produisent du tanin, un produit toxique pour les animaux, mais aussi de l’éthylène dans l’air. Alors qu’une antilope broutait ses feuilles, l’acacia a prévenu ses congénères en libérant de l’éthylène en se propageant dans l’air. Après avoir compris qu’une menace était proche, les autres acacias se sont mis à charger leurs feuilles de tanin pour se protéger. Ce phénomène a également été observé parmi les érables ou les peupliers en France.

La communication entre parents

Une autre communication solidaire observée chez les plantes est celle des parents. En effet, certains arbres comme le pin ont la capacité d’adapter leur croissance en fonction des plantes qui poussent autour d’eux.

Par exemple, chez le pin, les parents reconnaissent les jeunes plants de pin qui poussent à leur pied. L’arbre peut alors choisir de produire moins de racines pour lui laisser l’espace nécessaire à sa croissance, mais aussi de fournir des nutriments indispensables via les racines et les mycorhizes. Les jeunes plants qui se trouvent dans les sous-bois ont en effet du mal à accéder à la lumière. Et donc la photosynthèse qui produit ces nutriments est plus rare. À contrario, en cas d’espèce étrangère, l’arbre peut choisir de concurrencer le voisin en développant encore plus ses racines.

Les plantes et les animaux

La frontière entre communication et manipulation est fine. Ce qu’on sait, c’est que les plantes communiquent avec les animaux et les insectes. La tomate, le maïs, le chou ou encore le tabac produisent des substances qu’ils diffusent dans l’air pour attirer les prédateurs naturels de leurs propres nuisibles.

Le langage avec les pollinisateurs est aussi un langage, car il passe par le visuel (fleurs colorées, de grandes tailles, etc.), mais aussi par l’olfactif (fleurs parfumées). Les plantes produisent ensuite des fruits et des légumes qui attirent les animaux susceptibles de propager les futures semences !

Le petit + : on sait aussi que les plantes réagissent au toucher, comme la sensitive (Mimosa pudica) qui réagit au moindre effleurement en renfermant ses feuilles.